Crédits @Najib-SELLALI

« Je n’ai jamais manqué de rien, surtout pas d’amour, dans cette cité ouvrière, prolétaire, où j’ai vu le jour ; de ces villes qui vous façonnent et vous forgent un caractère en vous faisant jurer de ne jamais lâcher l’affaire ; des saveurs de Portugal, d’Afrique du Nord et d’Italie, Ch’timi citoyen du monde, Roubaix a fait de moi qui je suis…. » : ainsi se définit Kaddour Hadadi dit HK, né en 1976 dans un quartier populaire de cette ville ouvrière du nord de la France. Fils de marchands de fruits et légumes originaires de Kabylie, il a, très jeune, fréquenté les marchés pour aider « le paternel » : tablier bleu, casquette et numéro de claquettes pour amuser la clientèle. Sa première scène, en quelque sorte !

À l’âge de 15 ans, HK est frappé de plein fouet par la révolution hip-hop. Il monte son premier groupe « Juste Cause », avec lequel il fera véritablement ses premières armes, puis « Piece of salam », avec qui il écumera toutes les scènes de la région lilloise.

En 2005, il forme avec son acolyte Saïd un groupe au format « révolutionnaire » : M.A.P, le Ministère des Affaires Populaires, du hip-hop avec un accordéon, un violon et une farouche volonté de porter l’identité d’une région ouvrière et métissée, modeste mais chaleureuse. Ils seront « Révélation du printemps de Bourges » en 2006. Leur premier album « Debout là-D’dans » sortira dans la foulée. Un deuxième album voit le jour en 2008 « Les bronzés font du ch’ti ».

En 2009, HK, qui a des envies de colorer sa musique de chanson, de musiques du monde, et de reggae, se lance en solo… Enfin, pas vraiment ! Il forme le groupe « HK et les Saltimbanks » avec des musiciens virtuoses et taillés pour la scène : Jeoffrey Arnone (accordéon) qui officiait déjà au sein du M.A.P, Meddhy Ziouche (mandole), Manuel Paris puis Jimmy Lo (guitare), Seb-Big Cat (batterie), Eric Janson (basse) et Saïd Zarouri (comédien).

En 2011, sort « Citoyen du Monde » sur lequel figure l’emblématique chanson « On lâche rien », reprise dans les manifestations et les luttes sociales ainsi qu’au cinéma dans « La vie d’Adèle ».

En 2012 paraît « Les Temps Modernes », incluant un autre titre phare du groupe : « Indignez-vous » en hommage à Stephane Hessel.

En 2013, avec « Les Déserteurs », HK s’offre une pause dans l’écriture, pour ré-interpréter sur disque et sur scène certains des plus grands standards de la chanson française en version châabi (musique populaire algérienne) : un peu comme si Piaf, Brel, Brassens, Ferrat, Ferré, Nougaro, Renaud et Gainsbourg s’étaient tous retrouvés sans hasard à Alger; et que dans un vieux bistrot, accompagnés par les musiciens du coin, ils avaient chanté jusqu’au petit matin.

En 2015, retrouvant sa plume et ses Saltimbanks, HK sort son quatrième album « Rallumeurs d’étoiles » dont le titre est inspiré d’un vers d’Apollinaire : « il est grand temps de rallumer les étoiles ». Un album comme un hommage à tous les « rallumeurs d’étoiles » anonymes qui, dans une époque sombre et propice aux obscurantismes de toute forme, agissent chaque jour, à leur petite échelle, par un geste, un engagement, une création, pour « entretenir une lueur commune».

A partir de 2017, HK signe ses albums sous son seul nom (« L’Empire de papier » – mars 2017, « Live à Montréal »- février 2019), une façon pour lui d’élargir sa famille musicale avec à ses côtés sur scène bon nombre de ses amis saltimbanks de toujours et quelques nouveaux visages. C’est ainsi qu’entre autre les chœurs féminins (Clara Banks, Sabrina Belmo) et la trompette (Yvan Djaouti) prennent aujourd’hui une place plus importante dans sa musique. Sur scène, on retrouve la même verve poétique, le même engagement, les mélodies à la sauce HK, une diversité musicale avec une grande énergie communicative…

« Ce soir nous irons au bal », plus que le titre d’une chanson écrite suite aux attentats du 13 novembre 2015, résume à lui-seul la philosophie musicale d’HK : une folle envie de « danser ensemble », envers et contre tout, suivant le vieil adage « la vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie » (Sénèque).

C’est aussi ce message qu’HK a voulu porter à travers l’écriture de son troisième roman Le Cœur à l’outrage (2017, éditions Riveneuve ; après la publication de J’écris donc j’existe en 2012 et de Néapolis en 2015), qui nous raconte une histoire d’amour en dépit des attentats terroristes, des blessures dans la chair et dans l’âme, des tragédies migratoires, des débats et des déchirements. Une histoire qui parle de nous, de notre époque, de ces vents contraires auxquels il nous faut faire face, de ces tempêtes sans fin…

Suite au succès de ce roman, HK décide de le mettre en scène pour nous conter et nous chanter cette histoire, dans une pièce de théâtre musical du même nom (2018-2021).

Chanteur, écrivain, poète… et même auteur de BD ! (Dounia – 2019, éditions Riveneuve ), cela fait maintenant quinze ans que HK, le raconteur d’histoires, nous embarque à chacune de ses créations dans un univers de résistance musicale, poétique et dansante, rêveuse et entraînante, combative autant que fraternelle.

C’est ainsi qu’à l’automne 2020, après plusieurs mois de confinement comme chacun et chacune d’entre nous, le voilà qui nous revient accompagné de ses ami-es de toujours, avec un nouvel album (« Petite Terre ») et une nouvelle tournée à travers toute la France ! Mais aussi un quatrième roman Sans Haine, sans Armes, sans Violence (éditions Riveneuve) et un spectacle social et musical : « La fin du Moi, le début du Nous ».

Autant de raisons pour continuer à rêver, rire et danser ensemble !